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La Photographie au Flash

Notice Rollei 128 BC organes et fonctions

Notice Rollei 128 BC organes et fonctions

Souvent quand on parle de photographie au flash, on pense éclairage trop violent, avant plan trop présent et fond noir, ombres imposantes, visages sans relief, sujets aveuglés ! Pourtant quand il est bien utilisé, le flash vous permet vraiment de réaliser de jolis clichés la nuit venue à l’intérieur et à l’extérieur. Nous verrons les bases et quelques techniques faciles. Mieux encore, vous pouvez utiliser un flash comme éclairage d’appoint  à l’extérieur même si vous avez assez de lumière (dans le cas d’un contre-jour par exemple). Nous ne traiterons pas ici du budget ni de où les trouver (souvent au même endroit que les appareils), mais si cela vous intéresse, pourquoi pas dans un nouvel article! Maintenant regardons le flash de plus prêt!

Mots-clés : vitesse de synchronisation, ouverture, vitesse d’obturation, puissance du flash, flash automatique, ETTL

oss 117 regardons de plus prêt


Les caractéristiques d’un flash

  • Le nombre guide et l’ouverture
  • La vitesse de synchronisation

Les différents flashs

  • Les flashs manuels pour appareils argentiques
  • Les flashs automatiques
  • Les flashs TTL

Les différentes techniques et astuces

  • Le flash indirect
  • Le fill-in
  • Haute vitesse de synchronisation
  • La synchronisation lente
  • Synchronisation sur le deuxième rideau
  • Le diffuseur et le réflecteur
  • Le flash déporté

A RETENIR


Les caractéristiques d’un flash

Un flash photographique est un dispositif d’éclairage produisant une lumière intense mais pendant un très court laps de temps (1/1000e de seconde par exemple). Un flash peut être utilisé pour des photos à l’intérieur (pour aveugler votre famille à la soirée de Noël) et même à l’extérieur pour corriger un contre-jour (on appelle ça le « fill-in »). Mais le flash peut aussi être utilisé comme éclairage de studio s’il est déporté, c’est ce que nous verrons dans un prochain article. En fonction de ses applications, différentes caractéristiques peuvent être recherchées. Et pour aveugler la grand-mère, une lampe torche suffira.

Kodak Brownie Flash

Kodak Brownie Flash (sans l’ampoule!)

LE FLASH : LA BASE DE LA BASE

Qu’est-ce qu’il faut comprendre ? Un flash donne un éclair d’une puissance connue et fixée par sa conception en un temps très court.

·         Pour diminuer la quantité de lumière, il ne faut pas diminuer l’intensité du flash mais sa durée. Un éclair court éclairera moins un sujet qu’un éclair plus long. Etant donné que la vitesse de l’éclair du flash est bien plus courte que le temps de pose (vitesse d’obturation) de votre appareil et que sans lumière vous n’exposez pas votre surface sensible (capteur ou pellicule), le temps de pose est pour ainsi dire sans effet sur l’exposition. Le temps de pose devient équivalent à la durée du flash.

·         Par contre, attention, l’ouverture, elle, est très importante, puisque c’est elle qui est imposée par le nombre guide (voir plus bas).

·         La vitesse d’obturation doit toujours être inférieure ou égale à la vitesse d’éclair du flash. Cette vitesse est appelée vitesse de synchronisation du flash.

  • Le nombre guide et l’ouverture

Le nombre guide caractérise la puissance du flash, et donc le flash en lui-même ! Plus un flash sera puissant et plus il sera utile dans des situations délicates. Il sera possible de diminuer  l’éclairement d’un flash puissant en raccourcissant son temps d’éclair. Mais il ne sera pas possible d’augmenter la puissance d’un flash peu puissant. L’ouverture à utiliser dépend de ce nombre guide et de la distance flash-sujet, exprimée en mètres. Il est donné à pleine puissance pour une focale normale : 50 mm. Auparavant, les photographes faisaient donc systématiquement des calculs ! Ils étaient peut-être meilleurs en calcul mental que nous !

Exemple du nombre guide :

J’ai un flash Canon Speedlite 430 EXII avec un nombre guide de 34 pour une focale de 50 mm à 100 iso. Si mon sujet est à 1,5 m, la formule du nombre guide nous dit que :

Ouverture = nombre guide/distance flash-sujet

Ouverture = 34/1,5 = 22

Il faudra donc régler votre diaphragme sur une ouverture de f/22.

Les parents de la mariée - Canon EOS 20D Flash Cobra

Les parents de la mariée – Canon EOS 20D flash Canon Speedlite 430 EXII nombre guide : 43

  • La vitesse de synchronisation

Les obturateurs des appareils reflex et télémétriques  sont en général des obturateurs à rideaux. Lors du déclenchement, le premier rideau s’ouvre, suivi du deuxième rideau dans un intervalle qui dépend de la vitesse d’obturation. L’éclair du flash est très rapide, généralement 1/1000e seconde ou 1/500e seconde. Lorsque la vitesse d’obturation est trop rapide, le deuxième rideau commence à se fermer avant que le premier ait totalement découvert la surface sensible. Si l’éclair du flash est alors plus long que l’ouverture de ces rideaux, une seule partie de la photo ne sera éclairée. Le boitier doit être réglé sur une vitesse inférieure ou égale à la vitesse de synchronisation du flash (de 1/60e de seconde à 1/300e pour les appareils très récents).

Puisque le temps d’exposition est définie par la durée de l’éclair, aucun flou de bougé n’est à craindre.

Vitesse de synchronisation du flash

Vitesse de synchronisation du flash sur le Canon EF : 1/125

Les différents flashs

  • Les flashs manuels pour les appareils argentiques

Ce sont les moins chers des flashs à utiliser sur des appareils argentiques. Pour des appareils photos réflex comme le Canon EF, Canon A1 ou Canon AE-1, vous en trouverez un peu partout, dans les brocantes par exemple. Attention, si vous en faîtes l’acquisition, la première chose à vérifier : le logement des piles. Est-ce qu’elles ont coulé ? Le plus sûr est encore d’avoir des piles sur soi pour essayer.

Sur ce type de flash, il faut déterminer vous-même l’ouverture à utiliser et vous placer, bien-sûr, à la vitesse de synchronisation du flash (le fameux nombre guide !).

En général, vous trouverez sur le dos du flash une table qui vous donnera directement la valeur de diaphragme en fonction de la sensibilité de votre pellicule et de la distance de votre sujet (ci-dessous). Par exemple, sur ce Minolta 280 px (photo ci-dessous), si je me place en mode manuel, je fixe d’abord l’iso ou ASA (ici à 100), et je peux lire que pour un sujet à 7 m, je dois régler mon ouverture à f/2,8. Au delà de 10 m, mon flash n’éclairera pas mon sujet. Une pellicule de plus grande sensibilité (400 iso) pourra me permettre d’atteindre les 20 m.

Table de pose en mode manuel

Table de pose en mode manuel

Bref les flashs manuels sont peu onéreux mais assez fastidieux à utiliser puisqu’à chaque photo, vous devez régler votre diaphragme.

Autre possibilité : vous demandez à vos copains de ne pas bouger de la soirée. Comment ça c’est compliqué?🙂

  • Les flashs automatiques

Ces flashs facilitent les réglages, à condition que l’on respecte bien les conditions limites. Par exemple, en automatique, avec une sensibilité de 100 iso et un nombre guide de 28, mon flash Rollei 128 BC ci-dessous me propose d’utiliser une ouverture constante de f/8. En fonction de ce que la cellule sensible du flash détectera comme lumière, c’est le flash lui-même qui adaptera la vitesse de l’éclair.

Avec un flash automatique, la cellule sensible du flash (cachée derrière le petit bouton rouge à côté de Rollei) donne une information et le flash fait le boulot à notre place, une fois qu’il m’a imposé une ouverture.

Cet automatisme n’est possible que pour une distance située entre 0,4m et 3,6 m.

Flash Rollei 128 BC

Flash Rollei 128 BC modes automatique et manuel

Notice Rollei 128 BC

Notice Rollei 128 BC

Le hic, c’est quand vous voulez prendre un sujet au delà de ces 3,6 m… Vous revenez au mode manuel! Vous devez donc cacher la cellule sensible du flash et vous reporter de nouveau à la fameuse table… Ou bien à la roulette, comme par exemple ci-dessous avec le Rollei 128 BC. Je règle mon triangle blanc sur 200 ASA, si mon sujet est entre 6 et 8m, je me placerai à un diaphragme de f/5,6, mais si il est entre 3 et 4 m à une ouverture de f/11.

bague de réglage du Rollei 128BC

Bague de réglage du Rollei 128BC

  • Les flashs TTL

Le Flash TTL : rien de plus simple ! Réglez votre appareil sur le mode P (mode automatique de votre appareil), et le flash fera le reste. Il pourra même tout régler à votre place même quand vous êtes en mode S (priorité à la vitesse) ou A (priorité à l’ouverture). Selon les flashs et la marque de votre appareil photo, d’autres réglages plus affinés existent : correction d’exposition au flash, synchronisation à grande vitesse, synchronisation sur le deuxième rideau…

Le Flash TTL (pour Through The Lenses) fonctionne comme un flash automatique à l’exception que celui-ci « discute » avec votre boîtier des informations comme : la sensibilité, l’ouverture du diaphragme, la vitesse d’obturation. Pas de cellule sensible indépendante cette fois, c’est l’appareil qui donne les infos!

Dans ce cas, je vous conseille de bien lire la notice ou vous trouverez toutes les informations que vous cherchez car les réglages dépendent précisément de votre flash ET de votre appareil.

Flash Minolta 280 PX

Flash Minolta 280 PX fonctionnant sur les appareils Minolta en TTL

Dans la catégorie des flashs TTL, on trouve aussi les flashs appelés « cobra » car leur tête s’oriente de droite à gauche et de haut en bas. Nous reviendrons sur ces flashs précisément dans un prochain article, parce qu’il y a de quoi faire!😉

flash à 90°C

flash moderne ETTL « cobra »

Les différentes techniques et astuces de pro!

Voyons maintenant les techniques et astuces à utiliser pour être des professionnels du flash! Avant tout, n’oubliez pas de régler votre appareil numérique sur la bonne balance des blancs ou choisissez votre pellicule en fonction de vos conditions lumineuses! Of course… Vous n’aviez pas oublié quand même?

oss 117 pro du flash

  • Le flash indirect

flash dirigé vers le plafond

flash dirigé vers le plafond

Lorsque l’on place le flash sur l’appareil photo (sur sa griffe), la lumière est forcément dirigée vers le sujet, me direz-vous. Et bien non! Les flashs cobra TTL (qui eux peuvent s’orienter avec des angles différents) peuvent être dirigés vers le plafond.

Quel est l’intérêt? Le rendu devient moins contrasté, plus homogène. Les ombres seront beaucoup moins importantes.

Alors bien-sûr cette technique n’est pas valable à tous les coups et parfois, le résultat en flash direct est meilleur! Cela dépendra de la distance de votre sujet, de l’importance du fond, de la distance jusqu’au plafond (et de sa couleur!), etc. Et bien-sûr du rendu que vous désirez. Voulez-vous détacher votre sujet quitte à faire apparaître des ombres ou bien mettre en valeur également le fond? Dans l’image ci-dessous, on voit bien que le flash indirect ne crée quasiment pas d’ombre sur le fond. Par contre, l’image est plus palote, moins contrasté. Les deux images sont bien-sûr sans retouche et réglé avec une balance des blancs mode flash.

flash indirect

  • Le fill-in

Le fill-in ou flash d’appoint est une technique qui consiste à utiliser son flash à l’extérieur quand votre sujet est par exemple à contre-jour. Cela permet alors de profiter du contre-jour, sans pourtant avoir un sujet trop sombre. Une autre possibilité est de vous servir d’un réflecteur pour profiter naturellement de la lumière du soleil.

Thomas et Laura en contre-jour

Thomas et Laura en contre-jour

  • Haute vitesse de synchronisation

La haute vitesse de synchronisation est justement utile lorsque vous faites du fill-in, puisqu’avec la forte luminosité, vous serez obligé d’utiliser des vitesses d’obturation très rapides. Certains flashs permettent alors d’etre synchronisé en TTL à n’importe qu’elle vitesse! Attention, à ne pas trop faire chauffer votre flash quand même, ou vous serez obliger d’attendre 10 à 15 minutes qu’il refroidisse!

  • La synchronisation lente, la correction d’exposition et la synchronisation sur le deuxième rideau

Toutes ces techniques vous permettent de mettre en valeur votre fond (par exemple des guirlandes de noël, des lumières scintillantes, etc.). En « retenant » la puissance du flash, vous permettez à votre surface sensible d’être tout de même exposée aux lumières ambiantes.

  • Le diffuseur et les filtres

Le diffuseur vous permet de garder la toute puissance de votre flash direct tout en diminuant les ombres. Ces diffuseurs peuvent s’acheter un peu partout sous forme de sabot que l’on fixe sur le flash ou bien comme une mini soft-box. Les résultats sont à peu prêt similaires. Les sabots sont souvent déjà inclus quand vous achetez le flash. Pour ma part, j’ai les deux! J’ai trouvé le mini soft-box sur amazon pour 10 euros environ. N’investissez pas plus de 15 euros, ça serait du vol!

Diffuseur de flash

Diffuseur de flash façon mini soft-box

diffuseur-de-flash-cobra

diffuseur de flash qui se clipe

Le filtre orange, quant à lui, permet de rectifier les couleurs obtenues, notamment pour un portrait. Vous ne serez pas ni trop bronzé, ni tout orange. Mais regardez plutôt le résultat en images! Pour les photos suivantes, j’ai utilisé mon Canon EOS 20D, mon flash « cobra » speedlite 430 EXII (flash ETTL) avec un objectif 50 mm réglé sur f/1,4 et une vitesse d’obturation de 1/40.

diffuseur

photos avec flash direct, indirect, diffuseur et filtre orange

filtre orange

filtre orange

  • Le flash déporté

Alors là, on arrive au sommet de la classe! Déporter son flash! Sachez que déporter son flash, c’est à dire avoir la possibilité de le placer ailleurs que sur sa griffe d’appareil photo et donc de le déclancher à distance permet de créer des ombres comme bon vous semble. Vers la gauche, vers la droite, en haut, en bas…? Et tout cela tout en gardant votre appareil bien en face de votre sujet.

Vous pouvez ainsi « sculpter » la lumière de vos sujets. Rappelons quelque chose d’important, il est très peu naturel dans la vie de tous les jours d’avoir une lumière qui vous éclaire le visage bien au centre! La lumière naturelle, elle, viendra toujours vous éclairer sur les côtés. C’est le truc en plus des photos de studio qui donne du cachet.

Maintenant, arrêtons de rêver, cela revient très cher! Certains appareils reflex haut de gamme disposent de systèmes de transmission radio ou infrarouge directement intégrés qui permettent de discuter avec le flash déporté dit « slave » en TTL. D’autres appareils moins onéreux disposent d’une prise afin de brancher un câble, on parle de câble synchro.

Louis - Canon EOS 20D - Flash déporté

Louis – Canon EOS 20D – Flash déporté

Dans tous les cas, prévoyez environ 300 euros pour un flash cobra TTL qui pourrait être utilisé en « slave« . Ensuite, si vous y prenez goût, vous devrez certainement rajouter des accessoires comme des parapluies réflecteurs ou des soft-box, d’autres flashs d’appoints, des trépieds, des fonds de studio, etc… Et changez d’appartement aussi : ça prend de la place tout ça. Promis nous reviendrons sur la photo de studio si cela vous intéresse!😉

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A RETENIR

  • Enlever le pare-soleil quand vous utilisez votre flash !
  • Le flash manuel est à déconseiller sur les vieux appareils argentiques sauf si il possède une fonction automatique
  • Les flashs TTL sont un investissement très interessant
  • Le flash indirect donne un rendu plus homogène avec des ombres moins durs
  • Pensez aux diffuseurs de flash

Maintenant vous savez tout sur le flash! Même plus peur! Alors on court essayer!

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