Fabriquer son sténopé


Auto-portrait au sténopé avec papier sensible positif 1-6 iso

Bienvenue dans le monde de la chambre noire et des sels d’argent! Rejoignez-nous dans le darkside! Un sténopé est un dispositif optique très simple qui permet de prendre des photos sans lentille mais en utilisant un minuscule trou en lieu et place de l’objectif. Le principe? La lumière de la scène à photographier passe à travers le trou, est diffractée, et il se forme une image inversée au fond de l’appareil photographique à distance focale, là où se trouve la pellicule ou le papier sensible. Je vous avais déjà expliqué comment réaliser un sténopé pour pellicule 24X36 : vous n’aviez plus qu’à la faire développer dans votre labo photo préféré. Nous avions également testé le sténopé mini-labo de Sténoflex. Cette fois, c’est sans filet que nous allons réaliser un sténopé pour papier sensible noir et blanc (négatif ou positif direct). Pour réaliser un sténopé pour papier, il vous faut donc une boîte noire dans laquelle mettre votre papier sensible et de quoi faire un trou! Dans cet article, je vais vous expliquer comment réaliser vous-même un sténopé tout simple à partir de ce que vous trouverez chez vous : boîte de thé, de café, boîte à chaussures, canette de soda…


Liste du matériel

De quoi ai-je besoin pour réaliser mon sténopé maison?

  • de peinture noire mat pour recouvrir l’intérieur de votre « boîte » afin d’éviter les reflets de lumière
  • d’un cuter, d’une paire de ciseaux, d’un marteau, d’une lime, d’un petit couteau pointu ou d’un clou pour faire un trou
  • d’une boîte de votre choix! 

Pour le développement :

  • une lumière inactinique (lumière rouge obtenue avec une ampoule LED ou un plastique rouge)
  • 2 à 3 cuves de développement assez grandes pour votre papier
  • une solution de développement papier
  • une solution de fixateur papier
  • optionnel : une solution d’arrêt

 Un peu d’histoire!

Inventé par Ibn al-Haytham, c’est Nicéphore Niépce qui aurait réalisé les premiers clichés photographiques avec un sténopé. Au tout début du sténopé, un peintre se plaçait dans la chambre noire et « fixait » l’image virtuelle qui se créait.

chambre noire et peintre chambre noire selon l'encyclopédie de Diderot et D'AlembertLe dispositif physique permettant de créer l’image étant inventé, il restait une étape importante à franchir : comment faire en sorte que la vision fugitive créée par la lumière dans la chambre noire se transforme en une image véritable, stable et durable comme un dessin ou une peinture. Autrement dit, comment supprimer le travail du dessinateur ou du peintre, avec tout ce qu’il suppose d’interprétation personnelle, d’erreurs et d’imprécisions, et faire exécuter ce travail automatiquement par la lumière elle-même ? Et là : c’est toute la chimie de la photographie qui se développe à commencer par les essais au chlorure d’argent de Nièpce.

Première photo de Nièpce à Legras

Le principal inconvénient du sténopé est son manque de luminosité. En effet, la définition de l’image produite, c’est-à-dire la finesse des détails, est fonction de la dimension du trou. Pour obtenir une image suffisamment détaillée, celui-ci doit être le plus petit possible ; mais alors il ne passe que très peu de lumière et l’image est peu visible. Une lentille de verre, qui peut focaliser les rayons lumineux, améliore les performances du sténopé : le diamètre de l’ouverture étant plus important, on admet davantage de lumière et l’image est plus claire. Vous l’avez compris le temps d’exposition d’un sténopé est beaucoup plus long que pour un appareil photo avec lentille.


Introduction

Passons aux choses sérieuses! Pour fabriquer un sténopé : rien de plus simple. Vous devez seulement disposer d’une boite étanche à la lumière (la fameuse chambre noire) dont l’intérieur est complètement noir et mat et d’un trou minuscule sur une face de cette boite. Libre à vous d’imaginer n’importe quel support : boite de Pringles, canette de soda, boite à chaussures, boite d’allumettes. Le sténopé c’est tellement simple, que les enfants vous explique même comment on fait (vidéo ci-dessous). Et y’a même du suspens : non, elle ne s’est pas coupée un doigt, on est rassuré. 😀

I – Faire son trou et peindre en noir

Vous avez choisi votre boîte? Maintenant y’a plus qu’à percer! Pour cela munissez-vous de ce que vous trouverez de plus précis : vis, clou très fin, épingle, aiguilles d’acuponcteur (car le diamètre est connu et précis) ou bien perceuse à maquette. Prenez des précautions pour ne pas vous faire mal non plus! Ensuite, utilisez de la peinture noire mat pour peindre l’intérieur de votre sténopé ce qui évitera des reflets de lumière à l’intérieur de votre chambre noire. Cela est encore plus vrai si vous utilisez une canette de soda ou n’importe qu’elle boîte en aluminium qui réfléchira la lumière.

Pour cet article, j’ai un peu tout testé! J’ai fait des trous dans des boîtes de pellicules, des boîtes de thé, une boîte en carton et une boîte à chaussures. Le gros avantage des boîtes en plastique des pellicules c’est qu’il suffit de prendre une aiguille fine (aiguille de couturier) et de la chauffer avec la flamme d’un briquet pour faire un trou très net dans le plastique!

Une épingle à nourrice chauffée au briquet

Vous obtiendrez des photos au format photo d’identité avec un sténopé tout léger et qui ne prend pas de place! J’en ai réalisé cinq et j’ai pu comparer les temps d’exposition pour le même objet à photographier. La photo ci-dessous prise le 14 juillet à 19h a nécessité 6 minutes de pose avec un soleil couvert pour un papier Harman Direct Positif.

Boîte de pellicule Agfa – Eglise St Etienne-du-Mont (Paris 5ème)

Les canettes et les boîtes de thé, bref, les boîtes en aluminium permettent quant à elles d’obtenir des trous très précis et bien circulaires. Mention spéciale pour ma boîte de Kusmi tea (pas de sponsor) dont j’ai percé le couvercle avec un clou fin et un marteau. Un joli trou bien homogène.

Boîte de thé – Panthéon (Paris 5ème)

Maintenant il ne vous reste plus qu’à peindre en noir l’intérieur de votre sténopé et le laisser sécher! Pourquoi est-ce que c’est important? Car dans le cas contraire, vous pourriez avoir des reflets de lumière.

L’intérieur de la boîte de thé et le trou

On peint en noir mat l’intérieur des sténopés

Vous souhaitez savoir si l’image sera bien nette? Mesurez la distance entre le trou que vous allez percer et l’emplacement de votre papier sensible, typiquement le diamètre de votre cylindre si vous avez pris une boite de thé, un tube de Pringles ou un pot de peinture. En effet, c’est ce que l’on va appeler la distance focale. Pour que votre image soit parfaitement nette, il faut dans l’idéal que votre papier se trouve exactement dans le plan focal de la diffraction du trou. Or cette distance focale dépend de votre taille de trou et inversement!

Pour connaitre le diamètre précis de votre sténopé (le trou), il vous suffit de vous reporter aux tables de correspondance comme celle décrite sur sténocamera. Pour un diamètre de 0,37 mm, par exemple, il faut donc que je place mon film à 10 cm environ de mon sténopé. Vous l’avez compris, plus votre trou est grand, plus votre distance focale le sera aussi. Et comme il est plus facile de faire un grand trou qu’un petit, débutez plutôt avec une grande boîte! Retenez que plus le trou sera petit et aura des contours réguliers et propres et plus il vous permettra d’avoir une image nette. Si vous avez renoncé au produit en croix,  sténocamera fait aussi des « trous » à la demande.  Ouf, sauvé!

II – Acheter le bon papier sensible et la chimie

Il existe pléthore de papiers sensibles : tailles, sensibilité et surtout positif ou négatif. Sachez que les papiers négatifs sont moins chers que les positifs mais que ceux-ci vous obligeront à transformer ensuite votre image en positif : soit en scannant votre photo négative et en la transformant sur paint ou photoshop (image ci-dessous), soit en utilisant la technique du papier contact (qui vous fera utiliser une seconde feuille de papier négatif). Les papiers positifs sont plus chers mais ont l’avantage de vous donner directement l’image finale. Le prix? Compter environ 25 euros les 25 feuilles pour un format 4X5. Cela revient à un euro la feuille. Cher cher. 

Dans tous les cas, votre papier devra être développé en cuvette avec de la chimie de développement papier (une solution de développement puis un bain d’arrêt ou un rinçage à l’eau et un bain fixateur).

Papier positif ou négatif : même chimie.

Il vous faudra donc aussi vous munir d’une pièce à lumière inactinique (rouge). Vous l’avez compris, le sténopé, ça se mérite… Pour en savoir plus aller faire un tour sur le blog de Franck Rondot.

1) Le papier sensible

L’avis du blog de Guillaume Foucart : Le DPP (Direct Positive Paper) Harman est un papier direct positif baryté avec une sensibilité de 1.5 iso environ et fournit un très important contraste.  Il se développe avec la chimie papier standard. Pour diminuer le contraste, il vaut mieux le pré-flasher c’est à dire l’exposer brièvement à la lumière. Ainsi la gamme de demi-tons s’adoucit et se rapproche d’un tirage photo en labo classique. Le problème est de déterminer la bonne exposition au flashage.

Place maintenant à la chimie! Quoi acheter et comment? Attention à vos mimines et à votre porte-monnaie.


Papier RC ou FB? Quésako? 

  • Les papiers dit RC (Resin Coated) : l’émulsion sensible est enfermée entre deux couches de plastiques : du polyéthylène. Ainsi lors du développement, la chimie ne rentre pas dans le papier. Le papier ne gondole pas au séchage. Ce papier est bon marché.
  • Les papiers dit barytés ou FB (Fiber Base) : ils sont entièrement constitués de fibres de cellulose. Ce papier nu est recouvert de sulfate de baryum. La fonction du sulfate de barium est double : il empêche les impuretés du papier de migrer dans la gélatine et la lumière est réfléchit ce qui vous donne une image éclatante. Avantages: noirs profonds, absence de matières plastiques et nature du papier en font un support considéré comme « archivable » et stable dans le temps. Inconvénients : Le papier n’étant préservé des chimies lors des étapes du développement il doit être rincé très longtemps afin de laver tous les résidus de produits qui pourraient détériorer le support au cours du temps. Il gondole au séchage. Il est plus onéreux que le papier RC.

Pour en savoir plus sur le papier : la photo argentique.com


2) Point sécurité et danger des produits chimiques

On l’oublie trop souvent, les produits de développement et de fixation sont des produits chimiques qui ne sont pas anodins et potentiellement toxiques. Faire un petit rappel sur les pictogrammes et les règles de sécurité n’est pas du luxe. Lisez toujours les étiquettes avant de manipuler. N’utilisez jamais de la verrerie/des pinces que vous utilisez également pour un usage alimentaire. Dédiez du matériel à votre labo. Choisissez si possible un emplacement réservé : un garage? une cave? évitez la cuisine!

Ci-dessous, vous trouverez les significations des pictogrammes que vous verrez sur les flacons (merci les fautes d’orthographe du tableau que j’ai trouvé). J’en profite pour vous rappeler que certains de ces symboles sont aussi présents sur vos bouteilles de produits ménagers : détartrant (acide donc corrosif), déboucheur de canalisations type destop (basique donc irritant pour la peau), détergents pour lave-vaisselle (acide), dégraissants (inflammables), white spirit … Parmi les plus utilisés, on retrouve la flamme, la corrosion, la tête de mort, le danger pour la santé et la pollution de l’environnement. Les pictogrammes ont récemment été « relookés » pour être plus lisibles par le grand public mais aussi les industriels. Cependant, les bouteilles de solution de développement contiennent parfois les anciens pictogrammes. Méfiez-vous! Adaptez toujours votre équipement en fonction de la notice et de ces pictogrammes. Vous risquez au mieux de vous abîmer les mains (boutons, brûlures) et au pire de vous créer des infections sévères des voix respiratoires. Sympa!

Revenons à nos produits de développement. Vous trouverez couramment le symbole avec la croix : X. Ce pictogramme signifie : Nocif. Les solutions de développement peuvent empoisonner à forte dose, irriter la peau et/ou les voies respiratoires, provoquer des allergies cutanées ou des vertiges. Parmi les produits les plus nuisibles pour la santé : les cancérigènes et mutagènes. Il faut donc toujours travailler dans des pièces qui sont bien ventilées et assez grandes pour ne pas respirer les produits chimiques. Il faut bien-sûr mettre des gants, utiliser des pinces pour plonger les papiers dans les cuvettes, bien rincer son matériel et enfin récupérer vos solutions dans des bidons de récupération et NE JAMAIS JETER à l’EVIER!

Portez des gants, travailler dans des pièces ventilées, utilisez des pinces et ne jetez rien à l’évier ! 

Ce pictogramme avec le poisson et l’arbre signifie que vos solutions polluent l’environnement. On ne jette rien à l’évier. D’autant plus que vos solutions peuvent être utilisées pour plusieurs développement alors réutilisez les! Vous allez me dire, mais comment fait-on? Et bien soit on est copains avec le laboratoire argentique et ils récupèrent nos produits (un litre ou 2 ne vont pas changer de beaucoup leurs dépenses en retraitement de déchets) soit on contacte directement sa mairie pour connaître les points de collectes des produits toxiques.

3) La chimie du développement : le révélateur papier

Passons maintenant au choix des solutions. Il existe autant de solution de développement que de papiers, alors c’est vous dire! Je ne vais pas vous faire une liste exhaustive ici. Bpour commencer, je vous conseille de choisir le révélateur de la marque de votre papier. Chez MX2, par exemple, toutes les marques sont représentées : Kodak, Foma, Agfa, Ilford… Si votre papier est de marque Ilford, choisissez le révélateur Ilford. Pas de surprise : la solution a été optimisée pour ce papier. Plus tard, quand vous deviendrez un expert, vous pourrez alors apprécier les nuances de contraste, de piqué ou de finesse que vous apportent certains révélateurs plutôt que d’autres.

Révélateur Papier ILFORD PQ UNIVERSAL 1Litre

Révélateur universel convenant pour le traitement de tous papiers RC ou FB, à grade variable ou à grade fixe. Il offre une souplesse d’emploi et une résistance remarquables, avec des durées de développement standard de 2 minutes. Liquide concentré à diluer 1+9.

Deuxième chose : n’achetez pas de grands volumes de produits chimiques si vous ne souhaitez faire qu’un essai. Les solutions se trouvent sous plusieurs formes : bouteilles de solution à diluer ou bien poudres. Dans les deux cas, vous serez obligés de vous faire vos propres solutions diluées (comme lorsque vous développez vos pellicules). Un révélateur Ilford d’un litre (image ci-dessous) à diluer à 1+9 signifie qu’avec un litre de solution, vous allez pouvoir fabriquer 10L de solution de développement! N’achetez pas ce produit si vous n’êtes pas certains d’utiliser ces 10L. Il existe également des petites bouteilles de 250 ml à diluer 1+4, soit 1L de solution. C’est bien mieux. Vous aurez moins de déchets. Vous aurez besoin d’acheter des bidons en plastique opaque pour conserver vos solutions et les réutiliser. Passé 6 mois, il est conseillé de changer.

Révélateur Papier N&B TETENAL Eukobrom 250ml

Révélateur Papier N&B Tetenal Eukobrom 250ml. Dilution de 1+4 à 1+9.
Le Tetenal Eukobrom produit des tirages tons neutres, des noirs profonds et des hautes lumières éclatantes.

4) Le bain d’arrêt 

Le bain d’arrêt est le bain que vous utiliserez entre le révélateur et le fixateur. Il permet de stopper l’effet du révélateur et donc de bien contrôler le temps de développement. Il contient de l’acide acétique (du vinaigre) qui neutralise la chimie du développement. Ce bain vous permet également de ne pas contaminer votre solution de fixateur. Inconvénient : ce bain sent généralement fort ! L’odeur de vinaigre peut importuner certaines personnes. Mais en fait, ce bain n’est pas obligatoire. Pour certaines chimies papier et spécialement celles du sténopé, vous pouvez vous contenter de bien rincer votre papier sous l’eau claire, puis de passer au fixateur. Un rinçage d’au moins 5 minutes au robinet est nécessaire. Le seul avantage que j’y vois : protéger votre solution de fixation pour mieux la réutiliser. Petit bémol cependant si vous utilisez du papier baryté (voir encadré plus haut) : passer du temps sur le rinçage est loin d’être superflu. Bref, le rinçage à l’eau a un seul inconvénient : vous risquez d’abîmer votre papier si vous y allez comme un bourrin.

Bain d’arret sans odeur ILFORD ILFOSTOP 500ml pour films et papiers. Dilution 1+ 19 pour préparer 10 Litres

Bain d’arrêt acide inodore, pour films et papiers. Stoppe l’action du révélateur et préserve le bain de fixage. Contient un indicateur coloré orange, virant au bleu lorsque la solution est saturée.

Et si vous le faisiez vous-même ? Une possibilité est d’utiliser du vinaigre blanc dilué dans de l’eau. Une solution acide stoppe net l’action du révélateur qui ne peut agir qu’en pH basique. Le vinaigre blanc se trouve généralement avec une concentration de 5 à 8 % d’acide acétique. Pour un bain d’arrêt efficace, la concentration d’acide doit être de 2%. Une solution trop peu acide n’aura pas l’efficacité escomptée. À l’inverse, une solution trop acide endommagera votre papier. Les vendeurs de consommables argentiques vendent l’acide acétique sous forme concentrée à 60%, le plus souvent sous forme de bidons de 1 ou 5 litres. Ils sont respectivement vendus à environ 5€ et 20€. L’acide acétique vendu à ce prix et à cette concentration est donc peu onéreux. Même si une solution préparée de bain d’arrêt peut être réutilisée à plusieurs reprises, il est préférable de la jeter après chaque séance de développement et cela sans risque pour l’environnement (c’est du vinaigre).

5) Le fixateur

Le fixateur est la solution qui vous permettra de garder votre tirage le plus longtemps possible sans que votre image ne s’altère avec le temps. Le fixateur est une solution spécifique à la photographie qu’il vous faudra acheter dans une boutique spécialisée. Là encore de nombreux produits s’offrent à vous : fixateur liquide concentré à diluer/en poudre à solubiliser, normal ou rapide, avec agent tannant ou non. Si vous pouvez vous rendre en boutique, prenez le sous forme liquide. Sinon, un révélateur en poudre à diluer soi même sera plus économique. Comptez moins de 10 euros pour une bouteille de 500 ml, maximum 15 euros pour 1L à diluer.

Fixateur Films et papiers ILFORD RAPID FIXER 1Litre

Fixateur Films et papiers ILFORD Rapid Fixer 1Litre Dilution : 1+4 pour les films, 1+4 ou 1+9 pour les papiers

Fixateur rapide film/papier Tetenal Superfix Plus 0.25L 250ml

Fixateur rapide film/papier Tetenal Superfix Plus 0.25L 250ml. Dilution de 1+3 à 1+9

III – Installer le papier dans le sténopé en lumière inactinique

On ne rigole plus! On retient son souffle! Il est temps d’aller dans votre chambre noire, du moins votre pièce à la lumière rouge pour charger votre sténopé de son papier sensible. Pour cela, il va vous falloir une pièce aveugle (sans fenêtre) et sans fuite de lumière. Vous n’aurez besoin que d’un seul éclairage : celui de votre ampoule inactinique. Ces ampoules sont disponibles soit dans les magasins argentiques spécialisés soit dans les brocantes, ebay et autre le bon coin. Vous pouvez aussi aller chez votre droguiste, acheter une ampoule LED rouge. Cela fera très bien l’affaire.

Une ampoule LED rouge fera l’affaire

Selfie dans la salle de bain baignée par la lumière rouge (inactinique)

Maintenant vous pouvez ouvrir votre boîte de papier sensible et charger vos sténopés. Le côté brillant (donc lisse, glissant) est celui qui contient les sels d’argent. Le côté mat, non brillant est l’envers de votre papier, ne vous trompez pas! N’oubliez pas de bien boucher le trou de votre sténopé avec un scotch noir pour qu’il reste bien étanche à la lumière avant que vous ne preniez votre photo.

IV – Prendre une photo

Il est temps de choisir votre sujet et de bien stabiliser votre sténopé. En fonction du papier que vous aurez choisi : négatif ou positif et de la référence les temps d’exposition peuvent varier. En général vous aurez besoin de 2 minutes en plein soleil pour le papier direct positif ilford. S’il fait déjà tard et que votre ciel est ombragé vous pourrez compter jusqu’à 10 minutes d’exposition même en été. Ces temps sont indicatifs et dépendent aussi du diamètre de votre trou. Il est donc préférable que vous fassiez plusieurs essais avec votre sténopé pour bien définir le temps d’exposition. A titre indicatif, avec un posemètre, j’ai mesuré qu’à une sensibilité de 1 iso, avec 5 min 30 de pose, mon « trou » de pellicule correspondait à un diaphragme de f/45.

V – Développer en lumière inactinique 

Le suspens est à son comble. Voilà le moment de développer vos papiers. Pour cela, reportez-vous au point plus haut sur le développement. Lisez bien les notices de vos solutions de révélateur et de fixateur avant de commencer. Déjà, pour vous rappeler les règles de sécurité et ensuite pour bien connaître les temps de développement et de fixation.

Munissez-vous d’un minuteur ou d’une montre avec trotteuse pour être précis. Vous aurez également besoin de trois cuves : une pour le révélateur, une pour le bain d’arrêt et une pour le fixateur. Préparez aussi des pinces pour tenir vos papiers et des gants pour protégez vos mains. Vérifiez également la température de vos bains avec un thermomètre car cela peut modifier vos temps de développement (reportez vous à la notice).

Il est temps (à la lumière normale) de préparer vos dilutions. 1 + 9 par exemple correspond à un volume de solution concentrée à laquelle vous ajoutez 9 volumes d’eau. Éteignez la lumière et allumez la lumière rouge. Vous pouvez maintenant ouvrir vos boîtes et sortir vos papiers sensibles exposés. Plongez ensuite les papiers rapidement en prenant bien la précaution que toute la surface du papier soit immergée en même temps. Après 2 minutes voire 3 minutes, l’image apparaît comme par magie.  Respectez bien le temps et passez au bain d’arrêt. Puis au bain fixateur. Finissez par un rinçage prolongé d’au moins 10 minutes, surtout s’il s’agit d’un papier baryté.

Développement en cuvette à la lumière rouge

Et voilà! Vous n’avez plus qu’à laisser sécher vos œuvres d’art. Une fois que vos papiers sont dans le bain fixateur, vous pouvez rallumer la lumière.

Sténopé : 1 min 40 les yeux ouverts

Pour aller plus loin

Vous n’avez rien compris? Vous vous êtes coupé un doigt ou bien votre boîte de thé n’était pas étanche? Pas de panique! Il existe également des kits sténopé tout monté! Accessibles entre 60 et 300 euros en fonction des modèles avec : un sténopé, du papier et aussi des produits chimiques pour développer votre photo pour certains kits.

Ilford Kit Sténopé Harman Obscura (109 euros chez Digit Photo)

  • 1 Chambre Sténopé Obscura
  • 10 plan-films ILFORD DELTA 100 Professionnal
  • 20 feuilles de papier ILFORD MULTIGRADE IV RC
  • Calculateur d’Exposition

 

Harman Titan Pinhole Camera kit (279 euros chez MX2)

  • un sténopé HARMAN TiTAN en ABS avec un cône grand angle de 72mm de focal et un sténopé
  • 10 feuilles de papier Harman Direct Positive, 10 feuilles d’Ilford Multigrade IV RC, 10 plans-films d’Ilford Delta100
  • 1 calculateur d’exposition pour STENOPE

Un petit article dessus dans Focus Numérique.

Le sténoflex, sténopé mini labo (39 euros chez lomography)

  • 1 chambre noire
  • 1 papier inactinique
  • 1 sachet de fixateur (poudre)
  • 1 sachet de révélateur (poudre)
  • 10 feuilles de papier photo

Testé et approuvé dans l’article Sténoflex!

Catégories :Appareils photo, Do It Yourself, Procédés anciensTags:, , , , , , , , ,

2 commentaires

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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